Du 30 mars au 20 avril 2026, le Centre International du Commerce Extérieur du Sénégal (CICES) a vibré au rythme de la Foire Internationale de l’Agriculture et des Ressources Animales (FIARA). Parmi les participants les plus remarqués, l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA) s’est distingué par une présence active, mêlant exposition de ses innovations, valorisation de ses résultats scientifiques et participation à trois panels consacrés aux enjeux de la souveraineté alimentaire.
Lors de la session dédiée à « Informations agricoles, recherche, innovation, agroécologie et souveraineté alimentaire », le Dr Matar GAYE, du Laboratoire National d’Élevage et de Recherches Vétérinaires de l’ISRA (ISRA/LNERV), a présenté l’outil de rationnement « Jabndé » qui permet d’élaborer des rations alimentaires adaptées aux bovins laitiers, en tenant compte des ressources locales, des contraintes climatiques et des réalités des systèmes pastoraux et agropastoraux. Les résultats obtenus apparaissent prometteurs, notamment en termes d’équilibre nutritionnel et de rentabilité économique et une baisse notable des coûts de production.
De son côté, le Dr Assane Guèye FALL a communiqué sur « Santé animale et souveraineté alimentaire : les enseignements des Niayes dans la lutte intégrée contre la mouche « Tsé-Tsé ». A cette occasion, le Directeur du LNERV a pointé du doigt les enjeux liés à la santé animale dans la quête de souveraineté alimentaire. En prenant l’exemple de la zone des Niayes, il a rappelé les conséquences néfastes de la mouche tsé-tsé, vecteur de la maladie du sommeil, tant sur les populations humaines que sur le cheptel. Pour lui, cette situation entraîne une baisse significative des productions laitière et carnée, avec des répercussions directes sur les revenus des éleveurs et la sécurité alimentaire.
Face à cette problématique, Dr FALL a défendu une approche de lutte intégrée combinant plusieurs méthodes complémentaires. Parmi celles-ci, la technique de l’insecte stérile se distingue comme une solution durable et respectueuse de l’environnement. Elle consiste à introduire des mâles stérilisés dans l’écosystème afin de freiner la reproduction des mouches. Associée à d’autres actions comme le piégeage ou la gestion des habitats, cette méthode offre des perspectives encourageantes.
Un autre temps fort de la participation de l’ISRA a porté sur la question de l’autonomie en semences de pomme de terre, portée par le Centre pour le Développement de l’Horticulture de l’SIRA (ISRA/CDH). Dr Djibril Djigal et Mme Fatou Anna SYLLA DABO ont souligné que la souveraineté semencière constitue un levier stratégique pour le développement agricole. Pour eux, cette souveraineté représente une opportunité importante en matière de création d’emplois, d’amélioration des revenus et de renforcement de la sécurité alimentaire.
Toutefois, a estimé Mme Dabo, des défis importants subsistent. De son avis, la filière pomme de terre est confrontée à trois enjeux majeurs : la production et la qualité des semences, les aspects économiques et sociaux, ainsi que les problématiques de conservation et d’accès aux marchés.
Pour y faire face, elle a proposé plusieurs pistes, notamment le renforcement de la production locale de semences, la modernisation des infrastructures de stockage, la digitalisation des services agricoles et la création de pôles d’excellence dédiés à la formation de semenciers professionnels.
I.Diaw







