De Bambey à Saint-Louis, en passant par Nioro, Dahra et Passi, le Programme de Compétitivité de l’Agriculture et de l’Elevage (PCAE) transforme en profondeur le paysage agricole sénégalais. Grâce à des résultats remarquables dans la production de semences certifiées et prébase, le programme s’impose aujourd’hui comme un levier stratégique de la reconstitution du capital semencier. Les résultats obtenus sur le terrain témoignent de la pertinence de son approche fondée sur la recherche, l’innovation et la valorisation des acquis scientifiques.
C’est le constat fait au terme de la mission consacrée à la couverture des activités de contre-saison du Programme.
A Bambey, le gestionnaire de l’Unité de Production de Semences de Céréales et de Légumineuses (UPSem CL), Monsieur Modou Ngom, a salué les performances enregistrées dans le cadre du PCAE, notamment pour l’arachide, le niébé et les cultures fourragères.
De l’avis de l’Ingénieure d’Etudes, Madame Aminata Collé Diouf, l’UPSEM-CL a généré des résultats satisfaisants dans la production de semences prébase, permettant notamment la production en cinq ans d’une quantité importante de semences de deuxième (G2) et de troisième génération (G3).
Selon elle, entre 2021 et 2025, le PCAE a permis la production de 43 tonnes de semences G2 et de 873 tonnes de semences G3. Les cultures de riz irrigué et d’arachide dominent avec respectivement 446 tonnes et 337 tonnes de semences prébase produites et certifiées par la DISEM.
« La contre-saison froide de 2026 a permis de produire 31 tonnes de semences d’arachide de différentes générations, confirmant ainsi le potentiel de la recherche agricole sénégalaise. Concernant la campagne en cours, plusieurs parcelles sont en phase de récolte, tandis que d’autres sont en post-récolte ou encore en production », a-t-elle renseigné.
Située au cœur du bassin arachidier, la station de Nioro poursuit activement ses activités de production et de multiplication de semences prébase d’arachide, un maillon essentiel dans le processus de renforcement de la filière. Selon M Aliou Ngom, gestionnaire de la station, les travaux menés sur le site évoluent de manière satisfaisante et s’inscrivent dans une dynamique favorable à l’atteinte des objectifs fixés dans le cadre de ce programme de production semencière.
Il souligne également que les performances enregistrées au cours de la contre-saison sont encourageantes. Les cultures ont présenté un bon état végétatif et les premières récoltes laissent entrevoir de bonnes performances. Ces résultats devraient contribuer à renforcer la disponibilité de semences de qualité pour les prochaines campagnes agricoles.
A Passi, dans la région de Fatick, le Centre d’Etude Régional pour l’Amélioration de l’Adaptation à la Sécheresse (CERAAS) mène un important travail de recherche et d’innovation variétale afin de renforcer la résilience de l’agriculture face aux changements climatiques. Sous la conduite du Dr Aïssatou Sambou, le centre développe et met à la disposition des producteurs des variétés améliorées telles que TOSSET et SUNUGAAL, spécialement conçues pour s’adapter aux conditions agroécologiques locales.
Ces variétés se distinguent par leur capacité à mieux résister aux stress climatiques, notamment aux déficits pluviométriques, tout en offrant des performances agronomiques appréciables. Les rendements attendus avoisinent 2,5 tonnes à l’hectare, un niveau de production qui constitue une avancée significative pour les producteurs confrontés aux effets récurrents de la sécheresse.
Dans le cadre PCAE, cette dynamique de recherche s’appuie sur un partenariat public-privé innovant entre l’ISRA et les producteurs semenciers. Au-delà de la simple production de semences, cette collaboration permet de renforcer les capacités techniques des producteurs partenaires grâce au transfert de connaissances, à l’accompagnement de proximité et à la diffusion des bonnes pratiques de production semencière.
Ce partenariat contribue également à faire émerger de véritables champions de la production semencière au sein de leurs communautés. En produisant des semences certifiées de qualité, ces producteurs deviennent des modèles et des relais de l’innovation agricole, tout en participant activement à la satisfaction des besoins de production de l’ISRA et à la diffusion des nouvelles variétés auprès du monde rural.
En somme, les résultats obtenus sur le terrain témoignent de la pertinence de cette approche du PCAE fondée sur la recherche, l’innovation et la valorisation des acquis scientifiques à travers un partenariat public-privé performant, au service d’une agriculture plus résiliente et compétitive.
Dans la vallée du fleuve Sénégal, plus précisément dans les stations de Ndiol et de Fanaye, le PCAE soutient un vaste programme de production de semences prébase de riz et de blé du Centre de Recherches Agricoles (CRA) de Saint Louis. Deux hectares de blé ont ainsi été emblavés durant la contre-saison froide, tandis que neuf hectares sont consacrés à la multiplication de nouvelles variétés de riz telles que ISRIZ 2, ISRIZ 7, ISRIZ 12, ISRIZ 15 et ISRIZ 16, selon Dr Baboucar Bamba, chercheur au CRA de Saint-Louis.
A l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, la collaboration entre l’enseignement supérieur et l’ISRA permet la production de semences de sorgho « Gollobé » qui est particulièrement productive avec un intérêt majeur pour l’élevage grâce à la valorisation de ses tiges et feuilles dans l’alimentation animale. Cet exemple constitue une illustration concrète de l’approche intégrée agriculture-élevage promue par le projet.
A Dahra, le Centre de Recherches Zootechniques (CRZ) a exprimé sa disponibilité à mettre à la disposition du PCAE sa collection de 12 espèces de cultures fourragères afin de renforcer le volet élevage du PCAE. En effet, l’alimentation animale constitue un défi majeur pour les éleveurs. La valorisation des ressources fourragères locales pourrait contribuer à réduire le coût élevé des aliments importés et à accroître la rentabilité du secteur.
I.Diaw





