Face aux effets de plus en plus marqués du changement climatique qui fragilisent l’agriculture au Sénégal, le projet « Mise à l’échelle du Village Intelligent face au Climat » (ENABEL-VIC) déploie des solutions concrètes sur le terrain. Du 17 au 25 juin 2026, une importante mission de formation technique s’est rendue dans les communes de Diamal (Keur Ismaila) et de Ndiago (Keur Ndiouga Seye). L’objectif de cette initiative est de diversifier les systèmes de production à travers l’horticulture, afin de sécuriser les revenus des producteurs et de renforcer la sécurité nutritionnelle des ménages ruraux.
Pour les responsables du projet, l’adaptation au changement climatique ne peut être efficace que si elle est portée par les communautés elles-mêmes.
« Cette démarche apporte des réponses concrètes de résilience, d’atténuation et d’adaptation locale… En faisant des producteurs les acteurs de la transition écologique, nous transformons les orientations stratégiques du projet en actions concrètes sur le terrain », explique Mouhamadou DIOP, Point Focal technique du projet ENABEL-VIC.
Pour garantir une appropriation totale des techniques, la formation a misé sur une approche pragmatique de type « Learning by doing » (apprendre par la pratique). Les sessions, dispensées en langues locales et appuyées par des supports visuels adaptés, ont combiné une phase théorique initiale en salle et deux journées intensives de démonstrations pratiques directement sur les parcelles VIC.
Pendant trois jours, les participants de chaque site ont passé en revue l’ensemble de la chaîne de production horticole à travers trois grands modules structurants :
- Les bonnes pratiques horticoles : Maîtrise des techniques de semis, du repiquage, d’une gestion rigoureuse du sol, de l’irrigation et d’une fertilisation adaptée.
- La fabrication de biopesticides : Une alternative écologique pour une protection saine des cultures (tomate, oignon, gombo, etc.) sans dépendance aux produits chimiques de synthèse.
- Les techniques de compostage : Une initiation pratique à la méthode Bokashi, permettant d’améliorer durablement la fertilité et la santé des sols.
Selon les données recueillies par le Responsable Suivi-Évaluation, Pape Daouda DIONGUE, l’engagement et la mobilisation des communautés ont fait le succès de cette dynamique. Les sessions ont ainsi réuni un public diversifié et particulièrement assidu, dont les retours d’expérience s’avèrent extrêmement positifs.
La mission s’est clôturée par des visites de suivi sur les parcelles communautaires des VIC, confirmant que les bases d’une gestion saine des ressources naturelles sont désormais posées. Si l’optimisme est de mise du côté de la coordination du projet, il reste adossé à une lucidité indispensable : la transition agroécologique nécessite un accompagnement durable pour transformer les compétences transférées en réflexes quotidiens.
A.S.Diouf






