Produire plus, transformer davantage, gaspiller moins et créer plus de valeur. C’est le pari du projet « JAWW JI MANGO NIAYES » coordonné par le Centre pour le Développement de l’Horticulture (CDH) de l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA). Pour ce faire, les responsables misent sur une approche de formation en cascade. Au-delà de la lutte contre les ravageurs et les pertes post-récolte, le projet a fait le choix d’investir dans le capital humain, en particulier les femmes qui occupent une place centrale dans la transformation des produits agricoles.

Dans la foulée de la formation à la fabrication et à l’utilisation des biofertilisants et des biopesticides, près d’une quarantaine de femmes transformatrices venues de Mboro, Darou Khoudouss, Ndame Lô et Pout ont été formées aux techniques modernes de transformation et de valorisation de la mangue. Cette session animée par Mme Madjiguène Derviche, spécialiste en transformation et innovation agroalimentaire, s’est déroulée du 6 au 9 août 2026, à l’Unité de transformation de Ndame Lô dans le département de Tivaouane.

Pendant ces cinq jours, les participantes ont alterné ateliers pratiques et séances théoriques consacrés aux normes d’hygiène, aux techniques de séchage, à la fabrication de nectar, de confiture et de marmelade, mais aussi à la conception d’autres  produits à base de mangue, tels que le ketchup, ou la mayonnaise.

L’un des aspects les plus innovants de cette formation réside dans la valorisation des résidus de transformation. Les épluchures, les coques et les noyaux, souvent jetés, sont désormais envisagés comme de véritables ressources pouvant servir à la fabrication d’aliments pour le bétail (ripasse), de produits cosmétiques, contribuant ainsi à une économie circulaire plus respectueuse de l’environnement.

« L’objectif est de permettre aux femmes de transformer davantage de fruits, d’améliorer la qualité de leurs produits, de réduire les pertes et de diversifier leurs sources de revenus. Cette initiative contribuera ainsi à renforcer les avantages socio-économiques, nutritionnels et environnementaux, à créer des emplois et à accroître la valeur ajoutée de la filière mangue », a expliqué Dr Jeanne Diatta du CDH, Coordonnatrice des activités du projet.

A cette occasion, une exposition de différentes recettes et produits transformés à base de mangue a permis aux participantes de présenter le savoir-faire acquis au cours de la formation.

La cérémonie s’est achevée par une remise officielle des attestations aux bénéficiaires qui ont partagé avec enthousiasme leurs témoignages sur la formation consacrée aux techniques de transformation de la mangue. Elles ont souligné l’importance des connaissances acquises, notamment en matière de valorisation et de diversification de leurs produits. Elles ont également exprimé leur volonté de mettre en pratique ces nouvelles compétences afin de développer leurs activités génératrices de revenus. Par ailleurs, chaque participante s’est engagée à transmettre les compétences acquises aux membres de son groupement afin d’élargir progressivement l’impact de l’initiative dans toute la zone des Niayes.

I.Diaw